Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 07:06

 

Tout a débuté  en mai 2008 par l’entremise de mon grand-oncle Raymond Guillo qui m’a permis de rentrer en contact avec le président du département du Morbihan Mr Kergueris. L’idée saugrenue de joindre le bout du monde connu avec le centre du monde (je parle du Morbihan bien entendu) fit tranquillement son chemin.  Plusieurs contacts téléphoniques et échanges de courriels, ont permis à chacun d’apprivoiser l’autre, aux bretons d’apercevoir un monde, la Minganie, peu connu, trop peu connu. En effet à première vue peu de choses rapprochent les deux territoires. La seule municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan est plus étendue que la communauté de communes d’Auray. La population des deux communautés atteint 1000 habitants, c'est-à-dire 0,4 habitants au kilomètre². Il m’est difficile de comparer le climat, comme le dit Gilles Vigneault originaire de Natashquan, le bout du bout de la Minganie, « mon Pays ce n’est pas un Pays, c’est l’hiver ». Cela tranche avec les malheureux flocons que j’apercevais, ou croyais apercevoir comme tout enfant de la région, par une nuit glaciale (-3°C), sur le bord du golfe du Morbihan. L’hiver est là-bas incontesté, il règne et forge le territoire et les gens qui l’habitent. Moins 15°C, c’est seulement froid, -25°C là ça commence à être «frette ». Il faut donc croire que la chaleur humaine compense ce déficit en degré Celsius. L’accueil autant chez les « blancs » que chez les innus est exceptionnel.


Début novembre 2008, une vidéoconférence mit un visage sur les noms et permit de mettre en place cet échange. On mit en avant les points communs, les différences devenant des découvertes, des enrichissements. Tout comme la Bretagne, la Minganie est fortement tournée vers la mer. La pêche fut longtemps la première force économique, encore actuellement ce secteur emploie beaucoup de monde. Ce point fut donc considéré comme central dans notre échange. La découverte de la pêche des deux côtés, du métier, de son apprentissage. La Côte-Nord, région à laquelle appartient la Minganie, exporte en grande partie ses produits de la pêche aux États-Unis. Avoir un seul acheteur est dangereux, ouvrir le marché français et européen, devint donc aussi un point important du projet. Malgré les différences citées plus haut, les municipalités en France et au Québec ont souvent les mêmes compétences, les mêmes objectifs. À la pêche fut donc joint un volet sur l’échange de compétences. On parlera donc de service incendie, de gestion des déchets, de coopération intercommunale, de ruralité. Le développement touristique et économique secteur économique primordiale pour la région d’Auray qui pourra apporter son expertise aux deux communautés impliquées. Et enfin l’échange culturel. Découverte de 3 cultures, bretonne, québécoise, innue. Minoritaires chacune dans leur pays, mais fortes et pleines d’avenir. Attachées à leur territoire, avec un désir de se faire connaitre de par le monde.

Voilà le cadre était posé.


En décembre 2008, cet échange commença à être véritablement tangible grâce à un échange de cadeaux. Les deux communautés offrirent un morceau de leur histoire et de leur région. Les innus, artisans habiles, offrirent une petite partie de leur art. Une paire de raquette en babiche miniaturisées, et un petit tambour monté sur un bois de Caribou. Longue-Pointe fit découvrir son histoire, courte à nos yeux, le village ayant été fondé en 1849, mais longue en défis. En retour le département du Morbihan et la communauté de communes d’Auray, donnèrent un aperçu de la culture bretonne et des spécificités d’Auray et du pays Vannetais. Messager pour les uns et les autres, cet échange de cadeaux me donna la possibilité de voir le vif intérêt de chacun pour le projet. J’ai ainsi rencontré les 3 principaux protagonistes bretons. Mr Jalu, président de la communauté de communes d’Auray et maire de Plumergat, Mr Le Ray conseillé général d’Auray et Mr Kergueris, président du département du Morbihan et sénateur d’Auray. En tant que sénateur il est aussi impliqué dans les relations Québec France. L’intérêt du projet est motivé en grande partie pour cet intérêt que les français, ainsi que les bretons, portent pour le Québec. L’implication des innus a, il est vrai, décuplé cet intérêt. Les « amérindiens » comme on dit en France, ont un pouvoir d’attraction indéniable auprès des européens. À mon retour je pu faire découvrir aux élus de Longue-Pointe et d’Ekuanitshit, la culture bretonne et sa gastronomie. Avec l’éternel commentaire : « Il y’a du beurre hein là dedans! ».  Si peu…attendez le Kouign-amann.


Au cours de l’hiver 2009, la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan et la communauté innue d’Ekuanitshit confirmèrent leur participation. Ils prirent la tête d’une coopération assez inusitée au Québec. Il est en effet plus que rare qu’une communauté « blanche » et autochtone s’allient pour un tel projet. C’est une première qui permettra de resserrer les liens entre les deux communautés. À partir de ce point le projet était déjà un succès pour cette raison.


Cependant, comme tout bon gestionnaire, les élus des deux côtés de l’atlantique posèrent la question. Comment financer? Conscient du potentiel on commença la recherche. Il n’y avait pas foule de programme mais celui de la coopération décentralisée du MRI (Ministère des Relations Internationales) et du consulat de France correspondait parfaitement à notre projet. Une demande fut donc déposée en avril. Le programme finance 50% du projet et les projets doivent répondre à certains objectifs. Celui qui nous concerne rentre dans le thème ruralité et développement socio-économique. Il est basé sur deux ans, 2009 étant consacré au voyage en France et 2010 au voyage au Québec. Mais cet échange se fera à plus long terme je l’espère, il est important de lier les élus et la population des deux côtés de l’Atlantique. Un objectif important du voyage est de ce fait de créer des liens d’amitié. Fin juin la réponse arriva. Nous avons alors obtenu la totalité du financement que nous avions demandé. L’aspect novateur de notre démarche a été salué par le MRI, encore une fois l’implication d’une communauté autochtone au côté d’une communauté « blanche » fut déterminante.


Voilà pour l’historique. Pour ce qui est d’actualité je le décrirai au fur et à mesure. De plus les différents thèmes de l’échange seront abordés séparément afin d’être mieux développés.

 

Par Tangi Cheval
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recommander

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus